Texte Anne Séchet – Artiste, Curatrice.
Entretien Silvia Vendramel / Magali Benso
tout EM-BRASSER LES MONDES INVISIBLES
La Chambre des Connexions – La Chambre des Conversions
Extrait de l’entretien avec Silvia Vendramel
S.V : Comment tu as vécu cette expérience ?
M.B : Je n’avais jamais réalisé d’espaces immersifs, je suis très heureuse qu’Anne Séchet m’ait permis de le faire dans ce lieu.
S.V : Depuis combien de temps tu avais ce projet en tête ?
M.B : Ce n’était pas de l’ordre du projet défini, mais cette réflexion sur les états de conscience modifiés, sur notre perception des mondes non visibles, je le porte depuis très longtemps, c’est une sorte de fil rouge qui traverse tout mon travail.
Mais pour répondre plus concrètement à ta question, la résidence à la MDAC a duré 4 mois pendant lesquels j’ai occupé les espaces visibles tout en me demandant comment j’allais, paradoxalement, parler des espaces invisibles. C’était la grande question ! (rires)
Peu à peu l’ immersivité s’est imposée car elle permet la «disruption » mental-corps. Quand le corps ressent avant que le mental n’interprète, l’écart créé est propice au surgissement de cette perception.
S.V : Comment as-tu pris la décision de séparer, ou plutôt, donner une identité aux deux espaces ; La Chambres des Connexions , La Chambre des Conversions?
M.B : Il y avait ces deux salles vraiment contigües avec ce passage étroit. Tu sais comment ça se passe quand on arrive dans un lieu, il porte en lui déjà quelque chose. J’essayais de voir justement comment je pouvais l’articuler par rapport à mon propos pour qu’il devienne intrinsèquement agissant. Il y avait ces deux espaces séparés, pas à la même hauteur mais qui se répondaient avec une petite ouverture entre les deux. Ce petit passage a permis de « filtrer » les sons binauraux qui occupaient pleinement La Chambre des Connexions de manière à ce qu’ils soient toujours présents mais très atténués dans la Chambre des Conversions, c’était précisément ce que je recherchais.
(…)
Edition 2026 à paraitre
Parution Nice-matin
Arboretum de Roure Marcel Kroenlein –
No MadeExposition collective
À propos de la « zone de non-intervention » –
Par sa nature même, la zone non-intervention devient un espace de fascination, un ilot sauvage à part, qui aiguise paradoxalement notre désir de l’appréhender, de le connaître, voire de le posséder symboliquement.
Le désir humain de s’approprier le monde dans sa totalité, exacerbé par l’avènement des technologies numériques, montre sa limite. La restitution des éléments de ce territoire sauvage, qu’ils soient végétaux, minéraux, animaux ou sonores, reste partielle, fragmentaire. Malgré nos outils de plus en plus sophistiqués, la nature résiste toujours à une capture totale et exhaustive.